
Ma rencontre avec Pierre Dorzée remonte au début des années 1990. Dans le cadre du Printemps Classique de Welkenraedt nous avions créé Consolation d’après le célèbre livre Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de l’écrivain Suédois Stig Dagerman (1923-1954). Pierre prête sa voix rocailleuse pour un texte de sa plume sur la nuit. J’ai écrit une musique en forme de chaconne pour accompagner sa prose lunaire, souligner ses mots noctambules…
«Alors dans le ciel la nuit s’embrase,
Alors dans le noir la nuit voit clair,
Alors la nuit s’en retourne dans sa préhistoire… »
Pierre dira aussi le Monologue de Nina d’Anton Tchekov (1860-1904). Pour m’envoler avec cette mouette j’ai été puiser mon inspiration chez les compositeurs pré-impressioniste du XIXème (Sibelius, Grieg, Moussorsky, Fauré)
« L’originalité des pièces de Tchékhov, c’est qu’elles n’ont pas de construction apparente. Il ne s’agit pas de tragédies au déroulement implacable, ou de comédies réglées comme un mouvement d’horlogerie. Ce théâtre est sans action, ou tout au moins sans péripéties. Il semble fait de l’heure qui passe, de choses tues, d’un peu de musique… » -Roger Grenier
En première partie:
Hymne à la tristesse modérée autour des dernières sonates de Franz Schubert. Si je place Schubert à un des sommets de ma pyramide c’est sans doute parce qu’il n’a pas eu de son vivant (contrairement à Brahms) la reconnaissance qu’il méritait…mais surtout parce que ses lignes mélodiques sont d’une incroyable humilité…Sa musique nous donne un instant l’illusion que l’Art peut s’approcher d’une forme de vérité, même si ce qui compte avant tout, plus que la vérité en soi, c’est le chemin pour y parvenir et dans le cas de notre homme le chemin s’est brusquement interrompu !
Jean-Christophe Renault – piano
Pierre Dorzée – voix
20h30 – 14€ / 7€ (étudiants)
Selon la limite des places disponibles, les réservations sont vivement souhaitées via anvertreservations@gmail.com
